Alstom décroche, la confiance reste à quai
information fournie par Zonebourse 17/04/2026 à 10:15
Lors de la publication de ses résultats préliminaires de l'exercice 2025-2026, le groupe a dévoilé une marge d'exploitation ajustée autour de 6%, en baisse par rapport aux 6,4% de l'exercice précédent et nettement inférieure à la prévision d'environ 7% précédemment communiquée.
Parmi les autres lignes de compte, le chiffre d'affaires a augmenté de 4% ou de 7% en organique, à 19,2 milliards d'euros, tandis que les commandes reçues ont bondi de 39% ou de 42% en organique, à 27,6 milliards d'euros. De son côté, le cash-flow libre s'est établi à environ 330 millions d'euros, conformément à la fourchette de prévisions fournie par l'entreprise (entre 200 et 400 millions d'euros), mais il est en baisse par rapport aux 502 millions d'euros enregistrés un an plus tôt.
Enfin, autre déception, sur la période, la société a produit 4 284 voitures, un chiffre en baisse en comparaison des 4 383 unités de l'exercice 2024-2025. Ce repli illustre le rythme plus lent que prévu de certains projets de matériel roulant, prolongeant ainsi la phase de montée en cadence.
Les objectifs de marge de flux de trésorerie disponibles abandonnés
L'autre point chaud de la publication d'Alstom concerne les perspectives. Pour l'exercice 2026-2027, qui a commencé début avril, le groupe table sur une croissance organique de ses revenus d'environ 5%, soit un peu moins qu'attendu, et sur une marge d'exploitation ajustée de 6,5%. Pour cette dernière, les analystes de Jefferies estiment qu'elle était attendue autour de 7,1%, et que l'objectif de 6,5% induit une révision à la baisse de l'Ebit d'environ 10%. Alstom vise une génération de cash-flow libre positive, mais la saisonnalité devrait entraîner une consommation d'environ 1,5 milliard d'euros au premier semestre 2026-2027. Par conséquent, l'objectif d'un cash-flow libre cumulé de 1,5 milliard d'euros sur les trois allant de l'exercice 2024-2025 à 2026-2027 n'est pas maintenu. Enfin, l'ambition à moyen terme d'une marge d'exploitation ajustée de 8 à 10% ne sera pas atteinte à l'horizon de l'exercice 2026-2027.
Les analystes réagissent
Pour Jefferies, cette mise à jour annuelle est décevante, bien que la demande reste forte avec un carnet de commandes en croissance continue. La banque d'investissement relève que l'exécution des projets entrave les progrès, particulièrement au niveau du flux de trésorerie disponible, qui demeure l'élément clé de la thèse d'investissement. Les données révèlent également selon Jefferies qu'Alstom dispose de marge de progression en matière d'exécution opérationnelle, ce qui devrait être la nouvelle priorité du nouveau président-directeur général, qui devrait présenter un plan opérationnel et de nouvelles ambitions à moyen terme. Jefferies est encore à l'achat sur le titre en visant 25 euros.
Chez Deutsche Bank on estime que la patience est mise à rude épreuve. Avec l'avertissement sur les objectifs de marge et de flux de trésorerie disponible pour l'exercice à venir, les analystes ont réduit leurs estimations de bénéfice par action de 18% en moyenne pour les prochaines années et prévoient une augmentation de la dette du groupe de 400 à 600 millions d'euros sur l'exercice 2026-2027. La banque allemande voit néanmoins un potentiel de création de valeur significatif à plus long terme. Leur recommandation est toutefois abaissée d'acheter à conserver, avec une cible de cours réduite de 31 à 23 euros.
Oddo BHF souligne qu'Alstom a terminé son exercice fiscal sur une année record en termes d'activité, mais que la marge a été pénalisée par des problèmes de montées en cadence sur de gros projets, par des surcoûts sur des projets en fin de livraison et des difficultés ponctuelles. Les analystes expliquent, comme leurs confrères, que l'abandon de l'objectif d'un flux de trésorerie disponible cumulé supérieur à 1,5 milliard d'euros sur 3 ans est la conséquence de problèmes d'exécution. Ils estiment également que l'arrivée d'un nouveau PDG laissait craindre un ajustement des objectifs, mais que ce dernier est d'une ampleur inédite et "rouvre à nouveau une période de faible visibilité (et donc de forte volatilité du titre)". Deux étapes clés sont attendues par Oddo BHF, la décision de Moody's (confirmation ou non du rating Baa3) et la nouvelle feuille de route espérée en fin d'année. L'avis des analystes est toujours à surperformance, mais l'objectif de cours a été réduit de 30 à 25 euros.
Enfin, chez Goldman Sachs, la prévision d'Ebit a été réduite de 14% pour l'exercice en cours afin de refléter la contre-performance d'Alstom au second semestre 2025-2026 et des perspectives plus faibles que prévu pour l'exercice en cours. Les analystes estiment que les investisseurs devraient rester prudents tant que le nouveau patron n'aura pas apporté plus de clarté, notamment sur les mesures immédiates pour stabiliser la performance et sur les changements opérationnels profonds mentionnés par l'entreprise pour restaurer une exécution durable. Goldman Sachs confirme sa recommandation à vendre, en abaissant son objectif de cours de 21,5 à 18,5 euros.
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